Bobo, carriole n°20 à Bagan

Notre première rencontre avec Bobo, conducteur de carriole à Bagan en Birmanie, en octobre 2010 devait être initialement une simple formalité sur la route de notre tour du monde. Une amie, qui avait fait sa connaissance quelques années plus tôt et gardé contact, nous avait demandé de prendre de ses nouvelles et de lui apporter de quoi améliorer son quotidien. Avec quelques instructions et une photo en poche, nous sommes donc partis à la rencontre de Bobo.
Nous recherchons un homme de 40 ans souriant et avenant ... sur une carriole. Notre première tentative échoue. Bobo semble être un mirage et nous chopons ici ou là que de vagues informations. On nous parle alors d'aller voir au village près de la rivière. Nous prenons la route de ce village où les touristes ne s'aventurent que très rarement. Nous finissons par trouver sa maison, plus exactement sa hutte sur piloti. Une femme s'approche alors de nous, et nous explique par l'intermédiaire de son fils que Bobo est absent pour la journée. Cette seconde tentative se solde nouveau par un échec, mais le rendez-vous est pris pour le lendemain. Nous allons enfin pouvoir rencontrer cet homme si difficile d'accès.
Bobo et sa famille ont tout perdu
C'est finalement en fin d'après midi même que la rencontre aura lieu. Le fils de Bobo vient nous chercher en carriole sous une pluie battante. Nous arrivons trempés dans cette petite hutte qui nous semble avoir encore rétréci depuis le matin même. Nous trouvons la même femme et ses 6 enfants entassés dans la pièce principale de leur foyer. Curieux et timides en même temps, nous échangeons des sourires. C'est alors qu'apparait notre homme. Ou plutôt l'ombre de celui que nous avions en photo dans notre sac.
Bobo à la chevelure épaisse nous apparait tel un hermite sortant de sa caverne après un rude hiver. L'homme reclus depuis des mois ne sort plus de chez lui. Victime d'une escroquerie, il a peur pour sa vie. Nous apprenons alors qu'il a tout perdu. Cheval, carriole, maison et fierté. Au fil de la discussion, nous comprenons mieux pourquoi Bobo nous semblait être un mirage. Le conducteur de carriole n'est plus, l'homme souriant de la photo a disparu. L'homme que nous avons en face de nous est grave et triste a la fois.
Le sourire retrouvé de Bobo
Nous en profitons pour lui donner les quelques cadeaux et 200$, de quoi améliorer le quotidien dans un pays ou la santé et l'éducation coûtent horriblement chers. La femme de Bobo tombe alors la première en larmes. Bobo a les yeux humides et parvient difficilement à retenir ses larmes. Nous commençons alors a réaliser ce par quoi cette famille est passée. Et effectivement après le récit de leur année passée depuis leur chute, nous comprenons que notre arrivée tombe à point nommée.
Invités à dîner le soir même, nous revenons, toujours sous une pluie battante. Nous retrouvons alors une ambiance plus légère. L'homme sombre et triste est en train de disparaitre sous nos yeux au fur et à mesure du repas. Les premiers sourires remplacent la mine grave de l'après midi. Les premières plaisanteries fusent. Les premiers rires de Bobo sont là. Maladroits et hésitants d'abord, comme si l'homme devait réapprendre ce geste qui lui était devenu étranger.
Nous décidons alors d'aider Bobo à racheter un outil de travail via un appel au don sur notre site internet www.voirlemonde.fr et remettre en selle le conducteur de carriole qui avait fait le bonheur des touristes de Bagan.
Fin décembre nous avons donc repris nos sacs à dos, direction la Birmanie pour apporter la bonne nouvelle et convertir la générosité des internautes qui suivent Voir Le Monde en un nouvel avenir pour Bobo et sa famille. Nous lui avons acheté son nouvel outil de travail qui va permettre à Bobo de subvenir aux besoins de sa famille en promenant les touristes dans Bagan et ses environs. A savoir un magnifique cheval avec sa carriole ainsi qu'une licence lui permettant de prendre en charge des touristes.
Bobo ému par ce geste, m'a demandé de tous vous remercier très chaleureusement, votre générosité l'a profondément touché. Et si vous passez par Bagan, n'hésitez surtout pas à demander le horsecart driver N°20 qui vous fera découvrir comme personne les temples de la région... avec le sourire !
PS: Une dernière chose, voici l'adresse où trouver Bobo à Bagan ou pour correspondre avec lui :
BoBo Horsecart driver N°20
Aung Mingalar Hotel
Tai Khong quarter
Nyaung Oo, Myanmar
Birmanie - Sourire partagé par VoirLeMonde - 16/05/2012
Commentaires sur cet article :
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Merci Cath c'est très sympa et nous espérons effectivement que Bobo va profiter de cette "notoriété"! Nous avions lancé une chaine de solidarité lors de la collecte mais aussi pour le tenir informé de l'avancé de notre projet. Plusieurs nomades avaient ainsi visité Bobo. Ce serait sympa si on pouvait continuer à avoir de ses nouvelles par les voyageurs qui se rendront à Bagan dans les mois et années à venir !!! Et bravo pour cette nouvelle version de Sourires Nomades très réussie ;-) Par VoirLeMonde le 16/05/2012 à 17:34
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Très beau sourire et joli témoignage. Bravo à vous pour cet appel aux dons et ce voyage humaniste. Bobo va avoir beaucoup de clients à le demander autour des temples ;) Par Cath le 16/05/2012 à 11:39




